facebook pixel
SIDIIEF Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l'espace francophone
Menu

Hélène Salette, Insigne du mérite 2018

Plus haute distinction décernée par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), l’Insigne du mérite 2018 a été décerné à Hélène Salette, infirmière et secrétaire générale du SIDIIEF, pour sa carrière ayant contribué de manière exceptionnelle à l’avancement des soins infirmiers et à la notoriété de la profession.

Au Palais des congrès de Montréal (Québec, Canada), le 6 novembre 2018, Hélène Salette a reçu officiellement l’Insigne du mérite 2018 des mains du président de l’OIIQ, Luc Mathieu, devant la profession infirmière québécoise, réunie pour son congrès annuel. Hélène a délivré un discours de remerciement engagé et inspirant pour l’ensemble de la profession infirmière.

 

Album photo de la remise de prix :


Découvrez l’intégralité de son discours :

C’est un très grand honneur de recevoir l’Insigne du mérite de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Je vous avoue être prise d’un grand vertige, d’un beau grand vertige ! J’en suis d’autant plus fière que je comprends bien qu’il s’agit aussi d’une reconnaissance envers les réalisations du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF), puisque nos deux destinées sont si intimement liées depuis plus de 16 ans de vie commune !

Le SIDIIEF célèbrera en 2020, ses 20 ans d’existence ! Il est aujourd’hui une organisation reconnue sur la scène internationale. La revue française Actusoins a qualifié le SIDIIEF d’organisation structurante pour la profession infirmière. Si le SIDIIEF a pu s’engager pleinement dans des actions politiques visant à mettre en valeur la contribution de la compétence infirmière aux grands enjeux de santé, c’est en partie grâce à l’engagement de ses membres fondateurs et promoteurs. Je les remercie sincèrement d’avoir associer le nom de leur organisation afin de créer un réseau infirmier mondial en langue française. Je salue également les membres du conseil d’administration du SIDIIEF pour leur confiance renouvelée.  Je vous remercie tous d’être présents ici ce matin et de m’accompagner dans cette reconnaissance.

Au départ, le SIDIIEF était un beau rêve, une idée qui a su se réaliser. Je profite de l’occasion pour souligner particulièrement la contribution des membres du conseil d’administration de l’OIIQ qui ont été visionnaires dès la fin des années 90. Ils ont su transmettre toute l’énergie nécessaire aux suivants qui ont soutenu de manière indéfectible la consolidation de notre réseau mondial. On dit que « Commencer est facile, mais persévérer est un art ! ». Au nom des infirmières et infirmiers, d’ici et d’ailleurs dans le monde francophone, je remercie l’OIIQ pour son leadership et son engagement qui permettent à l’ensemble de la communauté infirmière de réfléchir collectivement aux enjeux de santé, et d’offrir des solutions infirmières le plus près possible des besoins des patients et des communautés. Voilà une stratégie visionnaire de protection du public.

Avec l’expérience, nous avons constaté que la profession infirmière, partout dans le monde, est confrontée aux mêmes enjeux :  reconnaissance des compétences, pouvoir d’influence, formation, qualité des soins et sécurité des patients, pour ne nommer que ceux-là. Les causes sont à peu près du même ordre, même si les contextes de pratique diffèrent. C’est pourquoi, le SIDIIEF cherche à mutualiser les forces et à mettre au profit de tous, l’intelligence collective de notre discipline pour influer sur l’évolution des systèmes de santé, sur son financement, sur l’organisation et la prestation des soins et sur un meilleur partage des compétences entre professionnels de la santé.

Collectivement, nous représentons une force exceptionnelle au service du mieux-être des populations. Ensemble, nous sommes en mesure de faire valoir la profession infirmière comme l’un des protagonistes influents dans le monde de la santé.  Nous devons donc porter la voix des infirmières et offrir sur la scène internationale, un regard éclairé par la discipline infirmière sur les grands enjeux de la santé et des systèmes de soins.  Ensemble, nous sommes capables d’influencer notre destin, nous nous devons cet engagement !

Nous vivons dans un monde globalisé, en constante évolution, qui a entraîné une réorganisation des soins et des services. Tous les systèmes de santé sont à la recherche de nouvelles façons de faire. Les systèmes de santé centrés uniquement sur les hôpitaux et les hautes technologies ne peuvent plus couvrir l’ensemble des besoins : la nécessité de soins à domicile, de soins et services de proximité bousculent les rôles traditionnels et obligent les professionnels à modifier rapidement leurs façons de faire. Les services de santé de première ligne doivent s’imbriquer dans un tissu communautaire où les déterminants sociaux ont une grande importance : ce qui dépasse, de beaucoup, le simple champ d’intérêt de la médecine.

Selon l’AIIC, dans un rapport datant déjà de 2006 reflétant la situation de plusieurs pays, on estimait qu’en 2020, 75 % des infirmières devraient œuvrer dans la communauté, alors que la situation était inverse en 2000 [1],  où trois infirmières sur quatre travaillaient en milieux hospitaliers.

Si en 2006 on anticipait l’avenir, il est urgent maintenant de prendre conscience que nous ne sommes plus à planifier le changement, nous y sommes, il nous a rattrapé et nous devons, pour avancer, façonner rapidement notre environnement.

Dans ce contexte, le redéploiement des compétences des infirmières pose un défi sans précédent. Depuis plus de vingt ans, c’est un plaidoyer unanime qui se dégage à l’échelle mondiale, pour le rehaussement au niveau universitaire de la formation infirmière.

Un baccalauréat devient le niveau d’études minimal pour exercer la profession d’infirmière dans les mondes anglo-saxon, hispanique, asiatique et même, dans la francophonie internationale. Le Québec est à contre courant et tarde à s’engager dans cette voie.

Plus que jamais, nous avons besoin d’infirmières capables d’assumer un leadership clinique fort, qui gagne en autonomie et dont le rôle est utilisé au plein potentiel de son champ d’exercice.  LA FORMATION EST LE MAÎTRE MOT : Nous devons être formés tant au niveau du jugement clinique que sur la mesure de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Nous avons besoin d’infirmières ayant développé des compétences et des habiletés politiques, des connaissances en économie, en financement des systèmes de santé, en développement de politiques de santé. Des professionnelles avec de l’entrepreneurship qui s’intéressent aux développements des nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle pour que nos savoirs soient mis au profit des patients. Il y a urgence d’agir pour préparer une génération d’infirmières influentes, qui ose soigner, s’affirmer, bousculer les conventions établies, s’imposer à tous les niveaux de sa pratique ! Il faut collectivement soutenir la pleine éclosion des talents tant en clinique, auprès des patients, qu’aux paliers décisionnels et politiques pour améliorer les systèmes de santé.

Je me permets de vous citer le philosophe indien Krishnamurti : « On n’a jamais peur de l’inconnu, on a peur du connu qui arrive à sa fin ».

J’en appelle à nous tous, l’Ordre, la FIQ, les associations professionnelles, les CHU, les collèges, les universités, nous les infirmières et les infirmiers. Ensemble osons, créons notre avenir !

Pour terminer, sur une note plus personnelle, permettez-moi de prendre encore quelques minutes pour remercier des personnalités qui ont marquées de manière plus prégnante ma vie professionnelle.  Il est certain qu’une carrière ne se construit pas seule. Tout au long de ma vie professionnelle, j’ai eu le privilège de croiser plusieurs personnes qui m’ont influencée, encadrée soutenue, qui ont cru en moi et en mon potentiel. Elles mériteraient toutes d’être mentionnées, mais la liste est longue. Du fond de mon âme, je vous remercie. Je vous remercie de m’avoir transmis votre passion, votre engagement, votre professionnalisme et votre fierté d’être infirmière.

Je me dois toutefois de remercier Gyslaine Desrosiers, présidente- fondatrice du SIDIIEF : une pionnière, une visionnaire qui a été la première à rêver et à imaginer un secrétariat international pour les infirmières du Québec et de l’ensemble de la francophonie : Merci d’avoir cru au SIDIIEF, Merci d’avoir cru en moi, merci de m’avoir permis de croire en moi, et surtout, merci pour tout.

Suzanne Kérouac, professeure émérite et ex-doyenne de la FSI de l’Université de Montréal que je remercie pour son engagement et son respect envers la discipline infirmière. Je partage avec Suzanne plusieurs de mes plus beaux souvenirs professionnels, c’est un grand privilège. Merci pour ton soutien, merci pour ton amitié.

Je me dois également de souligner le travail exceptionnel de l’équipe du siège social du SIDIIEF qui réussit à accomplir de grandes choses ! Merci à vous d’avoir fait du SIDIIEF votre cause. Je vous remercie pour votre engagement et votre complicité au quotidien. Je l’apprécie beaucoup.

Enfin, on dit que « Tout petit homme peut devenir un prince si notre regard le lui permet ».  À vous chers collègues, infirmières et infirmiers du Québec, je vous remercie sincèrement pour le regard bienveillant que vous avez à mon égard.

Un immense merci !

 

[1] AIIC. (2006). Vers 2020 : visions pour les soins infirmiers. Ottawa : AIIC.