Le 25 mai 2011, le SIDIIEF tenait à Bruxelles (Belgique) une journée d'étude sur le thème ci-haut mentionné.
Consultez les présentations powerpoint des trois conférenciers, ainsi qu'un résumé de cette journée.
Cartographie de la formation infirmière dans la Francophonie
Suzanne Kérouac, M.N. M. Sc., professeure émérite, Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal (Québec) Canada
Présentation Powerpoint de Mme Kérouac
La formation infirmière : les enjeux en Belgique
Pr Dr. Walter Sermeus, RN, Ph. D. FEANS, département Santé et Société, faculté de médecine, Université catholique de Louvain, Belgique
Présentation Powerpoint de M. Sermeus
Former les infirmiers et infirmières à l'université – résumé des travaux du SIDIIEF sur les enjeux de la formation et du positionnement de la formation infirmière à l’université
Jacques Chapuis, directeur de l’École La Source, Lausanne, Suisse, vice-président du SIDIIEF
Présentation powerpoint de M. Chapuis
RÉSUMÉ DES PRÉSENTATIONS ET DES ÉCHANGES
Le 25 mai dernier à Bruxelles (Belgique), le SIDIIEF a tenu un symposium intitulé « Enjeux de la formation infirmière à l’université » en collaboration avec l’Association belge des praticiens de l’art infirmier (acn). Se sont inscrits à l’activité, 92 professionnels en provenance de 11 pays : Belgique, Cameroun, Congo-Brazzaville, France, Liban, Mauritanie, Pays-Bas, Québec (Canada), République Démocratique du Congo, Sénégal et Suisse. Le thème du symposium a suscité beaucoup d’intérêt chez les participants. Cette activité a permis de présenter les travaux du SIDIIEF sur les enjeux de la formation universitaire pour les infirmières et infirmiers dans la francophonie. Dans un premier temps, Suzanne Kérouac, professeure émérite, ex-doyenne de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et chargée de projet sur le dossier de la formation au SIDIIEF, a résumé les grandes lignes de l’étude « Analyse et mise en contexte des profils de formation infirmière dans différents pays francophones ». Commandée par le SIDIIEF, cette étude a été confiée au Centre d’innovation en formation infirmière (CIFI) (faire un hyperlien : http://www.cifi.umontreal.ca/fr/index.html) de la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal pour décrire ces profils de formation. Elle a ainsi présenté la cartographie mondiale de la formation infirmière dans la francophonie. Cet état des lieux a permis de constater qu’il existe une grande hétérogénéité dans les profils de formation et que l’accès à la formation universitaire en sciences infirmières est quasi inexistant dans certains pays de la Francophonie. Par ailleurs, une tendance mondiale au rehaussement de la formation des infirmières et infirmiers au niveau universitaire est observée.
Le professeur Walter Sermeus du département Santé et Société de la faculté de médecine à l’Université catholique de Louvain (Belgique), a présenté les enjeux de la formation infirmière en Belgique à partir d’une étude européenne (2009-2011) « RN4CAST ». Ainsi, on constate que le niveau de formation des infirmières et infirmiers belges demeure en deçà des exigences européennes qui situent la formation initiale au niveau bachelor/licence. Le Pr Sermeus a également présenté les résultats préliminaires d'une étude qui mettent en évidence l’importance du rehaussement de la formation infirmière à l’université sur la sécurité des patients et la qualité des soins. De plus, ce chercheur considère important, pour le développement de la discipline infirmière, de rendre la profession attrayante auprès des jeunes, de présenter la profession infirmière sur un même pied d’égalité que les autres professions de la santé. Il est essentiel de recruter les jeunes talents dans les programmes de formation universitaire en sciences infirmières.
Finalement, le vice-président du SIDIIEF et président du comité international sur les enjeux de la formation infirmière, Jacques Chapuis, a présenté les grandes lignes du mémoire sur le dossier de la formation que le SIDIIEF est en train de finaliser. Prise de position en faveur de la formation infirmière dans une filière universitaire de 1er, 2e et 3e cycle, ce mémoire démontre également que la formation universitaire en sciences infirmières est un investissement qui a un impact direct sur la sécurité des patients et la qualité des soins. Dans ce document qui sera rendu public en septembre 2011, le SIDIIEF soutient que les coûts liés à la formation et à l'expertise infirmière représentent un potentiel d'économies notables plutôt qu'une charge financière pour les systèmes de santé.
Animée par Miguel Lardennois, infirmier au Service public fédéral de santé publique de la Belgique et administrateur du SIDIIEF, une période d’échanges et de discussions avec un panel international a suivi les présentations. Riches et très animés, ces échanges ont permis de mieux comprendre les intérêts des infirmières et infirmiers et de préciser certains enjeux relatifs à la formation universitaire dépendant des contextes d'où proviennent les participants.
Les discussions ont permis notamment de constater un plaidoyer unanime chez les participants pour le rehaussement de la formation infirmière au niveau universitaire. Autre sujet de préoccupation évoqué au moment des échanges : comment arriver à développer des filières universitaires de 1er, 2e et 3e cycles en sciences infirmières ? À cet égard, bien que tous soient favorables au niveau universitaire de bachelor/licence comme condition d'accès à l'exercice de la profession, certains se questionnent sur la pertinence du 2e et 3e cycles universitaires. Après discussion, l’intérêt de situer la formation initiale dans un continuum de 2e et 3e cycles en sciences infirmières ne fait pas de doute en raison notamment de la nécessité de pratiques innovantes et de développement de la discipline infirmière. C’est pourquoi, le SIDIIEF prend position pour le rehaussement au niveau de la formation infirmière dans une filière de 1er, 2e et 3e cycles en sciences infirmières.
En ce qui concerne les pays francophones d'Afrique, la formation des infirmières et infirmiers est également en mouvance et des commentaires confirment une volonté de rehaussement. Toutefois, en Afrique, il y a peu de réglementation concernant les écoles en soins infirmiers. Ainsi, plusieurs écoles ont vu le jour de manière anarchique ces dernières années, c'est donc dire qu'elles ne rejoignent pas les exigences et les normes instituées par l’État.
En résumé, les participants constatent que tous les pays sont confrontés à des problématiques souvent similaires, complexes, en raison des grands défis liés à la santé mondiale qui exigent la maîtrise de connaissances et de compétences nouvelles. C'est en ce sens que plusieurs grandes organisations internationales, comme l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent le développement de la pratique avancée chez les infirmières et les infirmiers, un nouveau partage des responsabilités entre les principaux acteurs de la santé, médecins et infirmières, et une véritable collaboration interprofessionnelle. De là, suit l'obligation de rehausser la formation des infirmières et infirmiers au niveau universitaire.